Vestric et Candiac
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Résumé historique

La présence humaine sur le territoire de Vestric est attestée au VIIIème siècle avant J.C. Des fouilles archéologiques préventives menées en 1996 ont permis de faire la découverte de tout un ensemble cultuel et funéraire du premier âge du fer, assez rare dans la région. Deux personnes adultes ont été inhumées dans des fosses creusées dans le sol. Les personnes qui avaient enseveli les défunts prirent le soin de déposer trois vases à leurs côtés. Elles ont même certainement procédé à un dernier repas cérémoniel en leur compagnie car les archéologues ont mis en évidence la présence d’un four dit « polynésien », qui permettait de cuire des aliments à l’étouffée sur des galets chauffés et enterrés dans le sol. Les rites de cette époque sont méconnus, mais il est possible que les proches des trépassés aient aussi procédés à des offrandes voire des sacrifices. Tout cet ensemble mortuaire était protégé par un enclos ovale et deux fossés circulaires concentriques.

La première mention de ce lieu date de 1099 sous le nom de Vistricum.
La seigneurie existait déjà au XIIIe siècle et possédait un château, cité par Robert Michel. Après un passage dans les mains de divers coseigneurs, les terres entrent dans la maison des Lévis-Lautrec. L’un de ses membres revendit le fief en 1459 à Jean le Forestier et son épouse Marguerite de Joyeuse. Cette dernière contractera un nouveau mariage avec Gaillardet de Montcalm qui sera son principal héritier.

Il n’y avait que 8 habitants à Candiac en 1384 et 5 en 1732. On comptait 350 habitants à Vestric en 1322 et plus que 50 en 1384, de même qu’en 1744. Le marquis de Calvisson exerçait la haute justice. Les deux territoires ont été réunis en une seule commune en 1808.
Le village de Vestric fut pillé puis incendié par le Maréchal de Montrevel le 28 juillet car il voulait empêcher le ravitaillement des Camisards par la population :
« et on amena au fort de cette ville tous les hommes femmes et enfant qu’on trouva au dit lieu. Il y avait deux charrettes avec femmes et enfants les hommes étant à pied conduits par un grand nombre de soldats irlandais et dragons, l’un portant des chauderons, les autres d’autres choses, conduisant aussi des mules et ânes. Enfin, c’était la chose la plus déplorable du monde, jusque là même que les blés qui étaient enfermés dans les maisons depuis peu de la récolte pendante feurent brûlés, le vin défoncé. Ceux qui commandent de telles exactions que ces malheureux commettent journellement des meurtres et assassinats, et le malheur est que tout le pays, c'est-à-dire que les nouveaux convertis sont pour eux (les rebelles) et ceci va de mal en pis. Si Dieu n’y mets sa main tout le pays est perdu. »

Le château de Vestric
Ce premier château se trouve au centre du village, dont la seigneurie dépendait du Marquisat de Calvisson. Il date du XVIe siècle, et se compose d’un corps de logis rectangulaire, cantonné en façade de deux tours circulaires engagées aux angles et arasées à hauteur du toit. Il fut la dépendance de plusieurs coseigneurs : les Saulsan, Buade et Turc au XVe et XVIe siècles, qui transmirent leurs droits aux Bérard de Tarabias. En 1672, l’état des dépendances de Louis de Bérard mentionnait la présence d’une cour avec pigeonnier, et d’une clôture de murs crénelés. Le manoir passe ensuite aux mains de la Marquise de Thoiras, qui dénonça en 1703 durant la guerre des Camisards, les intrusions intempestives de la soldatesque du Maréchal de Montrevel, qui pillait allègrement la propriété. En pourchassant une assemblée clandestine ils s’étaient rabattus sur le château. Avait elle eu lieu dans le château même ?
En 1730, le marquis de Montcalm prend possession du domaine au moment de son mariage avec la Marquise de Taron du Boulay.
De nos jours, ce sont de jeunes handicapés belges qui viennent faire des séjours dans le cadre d’une maison de repos.


Le château de Vestric, au centre du village

Eglise : Le prieuré simple et séculier de Notre Dame de Vestric faisait partie du diocèse et de la viguerie de Nîmes, archiprêtré d’Aimargues. Il était uni à la mense épiscopale de Nîmes pour 1000 Livres. L’église date du XVIIème siècle.

Temple


Le temple de Vestric

Le château de Montcalm à Candiac

Le château de Montcalm a été fondé entre 1629 et 1632 par Louis II de Montcalm, seigneur de Saint Véran, Candiac et autres lieux. Louis XIII souhaitait récompenser les services du seigneur pour sa participation à la signature de la Paix d’Alès (voir ci-après). Il permit donc à Montcalm de construire son château avec les matériaux issus de la démolition des remparts de Nîmes.
Cette belle demeure a bien failli disparaître durant la terrible guerre des Camisards. En pleine terre parpaillotte, le château servait de refuge pour les Réformés pourchassés grâce à la bienveillance des propriétaires qui étaient protestants d’origine. Certains seigneurs protégeaient dignement les victimes des Dragons du Roi, directement dans leur château, comme le Marquis d’Aubais par exemple. C’est à cause de ces accointances que l’intendant Bâville failli ordonner la destruction de l’édifice, finalement pillé de tout son mobilier.

A l’origine une haute futaie de chênes verts s’étendait aux pieds du château. L’édifice se compose d’un corps de logis de style classique à deux niveaux surélevés. La façade, orientée vers le sud, est surmontée d’un grand fronton cintré ornemental et flanquée de deux pavillons de plan carré. L’ensemble est percé sur les deux étages de grandes fenêtres croisées à meneaux. Au centre, un escalier de pierre de deux montées opposées se réunit sur un large perron bordé de balustres. Le palier dessert une porte d’entrée surmontée d’un fronton à tabernacle, s’ouvrant sur une cage d’escalier à deux volées avec balustrade. L’étage est occupé par une vaste salle de 150m2 couverte d’un plafond à la française.


Le château de Montcalm

Le château abrite aujourd’hui un centre de formation équestre, propose des séminaires ou des mariages. La demeure et ses dépendances sont inscrites à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Louis II de Montcalm
Ce seigneur d’obédience calviniste, habile négociateur, contribua dans une large part aux pourparlers de paix qui allaient déboucher sur la signature de la Paix d’Alès en 1629, mettant fin à la guerre que se menaient catholiques et protestants depuis 9. Le cessez le feu avait pour objectif la restitution des droits des protestants (liberté de culte, droits civiques et sociaux) mais également leur désarmement par le démantèlement des principales places fortes : Nîmes, Sommières, Anduze...
C’est ce seigneur qui fonde le château de Candiac en 1630 avec le matériau issu de la démolition des fortifications de Nîmes.


Le Marquis Louis Joseph de Montcalm-Gozon

Seigneur de Saint Véran, Viala le Cornu, Candiac, Tournemine, Vestric, Saint Julien et Arpaon, lieutenant Général des Armées en Nouvelle France, né à Candiac le 28 février 1712 et décédé à Québec le 14 septembre 1759. Dès l’age de neuf ans, il reçoit une commission d’enseigne dans le régiment du Hainaut. Il est capitaine à l’age de 17 ans. Il participe à la guerre de succession en Pologne dans les armées du Maréchal de Saxe et de Berwick.
Il est l’aide de camp du Marquis de la Fare lors de la guerre de succession d’Autriche. Montcalm se marie en 1736 avec Angélique Louise de Boulay, dont il aura deux fils et trois filles. En 1743, il devient Colonel du Régiment d’Auxerrois et combat en Italie pour être adoubé un an plus tard Chevalier de Saint Louis. Montcalm est blessé puis fait prisonnier en 1746 par les Autrichiens.

Rétabli de ses blessures, il est libéré sur parole en 1747 et rentre à Paris où il est nommé Brigadier. Libéré de sa parole il retourne en Italie où il est de nouveau blessé lors de la bataille d’Assiette. En 1749, il reçoit la commission de « mestre de camp » pour la création d’un régiment de Cavalerie qui portera son nom. Puis le Marquis de Montcalm rentre dans son château et s’occupe durant sept ans des affaires courantes de la communauté. Mais la guerre le rappelle à partir de 1755, lorsque le commandant des troupes françaises est fait prisonnier par les Anglais au Canada. Il devient alors Maréchal de camp et embarque avec ses lieutenants à Brest en 1756. A cette date, le marquis de Montcalm accumule 11 campagnes et 5 blessures. On le dit vaniteux, râleur et n’en faisant qu’à sa tête. Il est mortellement blessé lors du siège de Québec par les troupes du Maréchal Wolfe qui meurt également (bataille d’Abraham). La défaite française signe la capitulation de la ville et la perte des terres du Canada. A sa mort il aurait déclaré à son chirurgien :
« Combien de temps me reste-t-il à vivre ? »
« Quatre heures à peine »
« Tant mieux, je ne verrai pas les anglais entrer dans Québec ».


La Mort du Général Montcalm vue par Watteau



Blason de La Famille Montcalm – Gozon
« Mon innocence, ma forteresse »
« Draconis extinctor »

Monument de Montcalm : Œuvre du sculpteur nîmois Léopold Morice inaugurée en 1910. En 1911, la ville de Québec construisit une seconde réplique pour rendre hommage à son défenseur mort au combat.


Monument à Montcalm


Sources
Biographie du Général Montcalm de W.J. ECCLES.
Viles et Villages du Gard par Dominique GARREL d’après GERMER DURAND. Manuscrit BORELLY, www.camisards.net
Rites funéraires de la Préhistoire au Moyen Age, Archéologies gardoises,
C. Gén. Du Gard
Château du Gard, du Moyen Age à la Révolution, par M. MOREAU,
Presses du Languedoc
Texte Guilhem ATGER
Eléments illustrations et photos remis par Guilhem ATGER




Info Site "Camargue" : info@camargue.fr

Vestric Candiac, en Pays des Costières, entre Cévennes et Camargue. Communauté de communes de Petite Camargue, pays des Costières de Camargue. Vestric Candiac dans le Gard, proche de Nîmes, Lunel, Montpellier, Aigues-Mortes. Proche du Parc naturel régional de Camargue. Proche des Parc ornithologique de Camargue. Vergèze, en Pays des Costières, entre Cévennes et Camargue. Communauté de communes de Petite Camargue. Vergèze dans le Gard, proche de Nîmes, Lunel, Montpellier, Aigues-Mortes. Proche du Parc naturel régional de Camargue. Proche des Parc ornithologique de Camargue